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La question qui nous occupe aujourd'hui est celle de l'identification de la larve margaritigène de Distome des Mytilus de Provence.

Raphaël Dubois (1903) (2), annonçant la decouverte de ce parasite, fut d'abord d'avis qu'il n'était pas identique à celui connu chez les mytilus edulis L. de Billiers (Morbiban). Un peu plus tard, cependant, Raphaël Dubois (l907) (3), sur l'avis de son collègue Jules Guiart, modifia son opinion première et admit que la larve de Distome des moules de Provence appartenait à la même espèce que celle des moules de Billiers Gymnophallus Margaritarum (R. Dubois), 1901. Nous avons reçu de R. Dubois quelques préparations de la larve margaritigène trouvée par lui "inter pallium et conchas" des M. galloprovincialis Lamck.; il nous a été facile de nous rendre compte que cette larve est nettement différente de celle des M. edulis L. de Billiers décrite si exactement par Lyster Jameson (1902); c'est une forme nouvelle n'ayant encore été ni décrite ni nommée, toutefois nous l'avons reconnue dans une figure de larve en voie d'englobement par le calcaire figurée par R. Dubois (1909, p. 59, fig 10) (3); nous proposons de la désigner sous le nom de Metacercaria (Gymnophallus) Duboisi, n. sp.

 

(1) Séance du 7 mai 1923.

(2) Comptes rendus, t. 136. 1903. p. 179.

(3) Annales de l'Université de Lyon; nouvelle série. 1. Sciences et Médecine, fasc. 29, p. 66.

...

1428 ACADEMIE DES SCIENCES.

 Larve de Gymnophallus, au stade Metacercaria (1), à contour régulièrement ellipsoïdal, longue de 0,23 mm, à O,27mm, large de 0,12mm, à 0,17mm, environ, à cuticule finement spiculée; ventouse antérieure grande, occupant le quart antérieur de la longueur du corps, prepharynx absent; pharynx globuleux dont le diamètre atteint ou dépasse peu le tiers du diamètre de la ventouse orale; oesophage court, se bifurquant presque exactement au premier tiers de la longueur du corps; caeca intestinaux très volumineux, ellipsoïdaux, occupant tout le tiers moyen du corps et débordant dans le tiers anterieur, presque contigus dans le plan médio-sagittal; ventouse ventrale petite, son diamètre est compris environ deux fois ou un peu moins dans celui de la ventouse orale, son centre est à la limite du tiers moyen et du tiers postérieur de la longueur du corps et un peu au-dessous; vessie en forme de Iyre, dont la partie basale

cf plus haut : Fig._Metacercaria (Gymnophallus) Duboisi. n. sp. (in toto).

occupe le quart postérieur du corps, donnant naissance de chaque côté à une branche qui s'étend antérieurement jusqu'au delà du centre de la ventouse orale, débordant latéralement les caeca intestinaux; ébauches génitales développées, quelquefois bien distinctes et comprenant : une paire de testicules ellipsoïdaux, latéraux, symétriques, un peu en arrière du niveau du centre ou du bord postérieur de la ventouse ventrale;

 

(1) Chez les Gymnophallus, le passage du stade Cercaria au stade Metacercaria n'est jamais accompagné de la sécrétion d'un kyste par la larve.

...

 

1429

SÉANCE DU 14 MAI 1923

ovaire globuleux, latéral, entre le testicule droit et la base du caecum intestinal droit; vésicule séminale volumineuse entre la ventouse centrale et le testicule gauche; atrium génital tubuleux, grand, contourné; emplacement du futur pore génital médian sur le bord antérieur de la ventouse ventrale; ébauche de l'utérus, sinueuse, médiane, en arrière du pore génital.

L'adulte correspondant est à rechercher chez Ies Oiseaux mangeurs de moules en Provence.

Metacercaria (Gymnophallus) Duboisi nob. est extrêmement voisin d'Adolescaria perla Sinitzine ( 1911) (1), des Mytillus edulis L. et Venus (sp. ?) de la mer Noire. Cette métacercaire est elle-même peu différente d'une metacercaire, également margaritigene, que nous avons observée par nids de plusieurs individus "inter pallium et conchas" chez les Tapes pullaster Montagu de Saint-Vaast-la-Hougue (Manche). La métacercaire des moules de la mer Noire et celle des Tapes de Saint-Vaast sont d'abord entourées d'une enveloppe gélatineuse transparente (apparemment secrétée par le parasite), qui s'imprègne peu à peu de calcaire. Le processus de calcification aboutit à la formation d'une sorte de "calcosphérite", au centre de laquelle dégénère bientôt la larve emprisonnée.

Sinitzine ne signale pas son Adolescaria perla entre le manteau et la coquille, mais dans différents organes et surtout à la base des lamelles branchiales; la vésicule gelatineuse renfermant le parasite peut donc s'imprégner de calcaire ailleurs qu'au contact direct de l'épithélium palléal, mais il est toujours permis de supposer que le parasite a entraîné avec lui quelques cellules épithéliales qui, en se multipliant dans les tissus, ont donné naissance au sac perlier.

 

(1) Mém. Acad. imp. Sciences Saint Pétersbourg, 8e série, Classe physico-mathématique, vol. 30, n°5 (voir p.38-39, 90, 126, pl. V, fig. 80-81).

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